Retour de la Nuit du Hack 2013
Publié le 26 juin 2013

La Nuit du Hack est l’évènement majeur de la communauté Hackers française, généralement organisée fin juin, qui réunit passionnés, professionnels et novices autour d’un thème commun : le hacking. Ce n’était rien de moins que la onzième édition qui se déroulait ce week-end à Disneyland Paris, autour de talks, de workshops, de challenges et de bière (ainsi que des soft drinks, bien sûr). Zou, visite guidée des coulisses de l’organisation de la NDH version 2013 !

Un an de préparation

La méthode est désormais rodée : à peine la Nuit du Hack terminée, l’organisation de la suivante démarre. Cela représente un an de travail acharné pour seulement 24 heures, ce qui n’est pas rien. La recherche de sponsors, la préparation des CFPs, les débuts de conception de design graphique ainsi que les grands axes d’orientation de l’événement se décident à ce moment. C’est aussi l’occasion de faire l’état des lieux des éléments à améliorer, de prendre en compte les remarques constructives des visiteurs envoyées par email, twittées ou parfois même bloguées. On attache une importance toute particulière aux soucis rencontrés et aux solutions possibles. Par exemple, décision fut prise l’année dernière de cabler le wargame plutôt que de se baser sur du WiFi (qui se fait sniffer/polluer chaque année) et de mettre le CTF dans une salle à part. Il n’y a jamais eu de Nuit du Hack sans cafouillages ou problèmes, même cette édition a eu son lot d’ennuis qu’il a fallu gérer.

Ensuite, il y a toute la logistique à superviser. Ce qui va de l’agencement des salles avec plans et tout le toutim aux moyens techniques et à la planification. Il faut aussi gérer en parallèle les qualifications, la conception de l’infrastructure du CTF et du wargame, la réalisation des épreuves de ces deux concours et celle du réseau global à déployer lors de l’évènement. Les partenaires tels que Zen Connect ou Orange sont d’une grande aide en ce qui concerne cette partie, tout comme Outscale (via majinboo) ou OVH (un big up à toute l’équipe !). Sans oublier la communication (Hicham & Lucie).

Un CTF remanié

Cette année, nous sommes partis sur un CTF différent des années précédentes. Il s’agissait toujours d’un CTF attaque/défense, mais cette fois-ci basé sur un scénario et un concept nouveau : la suppression pure et simple des flags formatés. Chaque équipe avait à sa disposition un pare-feu frontal (couche 2) et un serveur hébergeant des services, et se voyait mise dans la peau d’une société réalisant des solutions de DRM (nommée GZT) et devant assurer la pérénité des données de ses clients. Bien sûr, l’objectif est simple : protéger ses données tout en récupérant celles des autres équipes. La nouveauté résidait dans le fait que les données constituaient ce que l’on nomme couramment des "flags" : des éléments d’information ayant de la valeur. Les équipes devaient donc voler ces données, et les diffuser sur un portail que nous leur avions mis à disposition, une sorte de Pastebin. A chaque fois qu’une équipe divulguait des informations ayant de la valeur, des points étaient attribués à celle-ci et autant étaient retiranché aux équipes attaquées.

L’infrastructure a été elle aussi repensée et adaptée : la solution de virtualisation a été revue, l’infrastructure simplifiée et l’administration facilitée. Tout cela pour éviter de reproduire les erreurs de l’année précédente. Le matériel prêté par OVH a d’ailleurs été d’un grand secours : ils nous ont prêté de sacrées machines avec des capacités de fou furieux ! Encore une fois, merci à vous ;).

L’installation chez Mickey

On a déménagé tout le matériel le jeudi précédant la Nuit du Hack, durant Hack in Paris, et tout installé dans une salle technique. Depuis quelques années, cela se déroule sans trop de problème car nous nous sommes équipés. Tout est sur roulettes, empilable, et étiqueté. Et avec un camion à hayon, le transport se déroule sans encombre.

Une fois à Disneyland, le premier problème. Un problème d’alimentation. Une personne est venue nous installer suffisamment de puissance pour alimenter nos baies, afin que l’on termine les tests de déploiement ainsi que les configurations de certaines machines. Un peu trop de puissance en fait. Résultat : un bon vieil arc électrique et une imitation de Claude François évitée de justesse. Moins trois alimentations qui n’ont pas supporté la décharge. Qu’à cela ne tienne, le spare est là pour cela : le tout est changé rapidement.

L’installation de la baie dans la salle dédiée au CTF a été faite le lendemain, et nous avons passé une bonne partie de la journée à câbler, gaffer, tester, déployer et déboguer les systèmes. Et il fallait bien cela. Cette phase s’est terminée le samedi à midi environ.

Le grand bain

La Nuit du Hack a ouvert ses portes relativement tôt (je n’ai pas su réellement à quelle heure, j’ai profité comme quelques autres de la nuit pour essayer de bien dormir), et à 9 heures la salle commençait déjà à être parsemée de geeks et hackers de tout poil. Et on attendait toujours Jérémie Zimmermann, le conférencier en charge de la keynote. Clad a pris la parole, salué tout le monde, tandis que nous tentions désespérément de le contacter. Quelques temps après, des nouvelles de Jérémie et la keynote a ainsi pu se faire sans souci (mais avec du retard). La journée commençait bien. Ceci dit, mieux que l’année dernière car l’an dernier à 9 heures nous n’avions plus d’alimentation dans toute la salle. Quelques soucis de WiFi ont aussi été géré, mais dans l’ensemble tout allait comme sur des roulettes à partir de 10 heures.

Les participants ont ainsi pu profiter des talks, des speakers, mais aussi des bars, des tables et du réseau déployé. Car oui, cette année il y avait du WiFi qui fonctionnait ! Toutes nos excuses à Dave Kennedy pour l’interruption inopinée de talk (pour cause de mauvais timing), mais cela a été rattrapé par la suite. Le stress du moment certainement. A 20 heures, changement de configuration de salle pour héberger les workshops et le wargame : les participants (1300 personnes environ) ont du sortir de la salle et se sont agglutinés dans les couloirs, où il est devenu difficile de circuler. Un point à résoudre pour la prochaine édition.

Au même moment, les équipes CTF entraient dans la salle dédiée afin de s’installer et de découvrir ce que nous leur avions préparé. Nous avons fait un rapide briefing avant de démarrer le jeu, expliquant aux équipes les règles et leur remettant par la suite un livret contenant le règlement, le détail de l’architecture et leurs accès. Nous leur avons donné 30 minutes pour accéder à leurs machines et les configurer (modifier les mots de passe, changer les règles de filtrage, etc ...), puis les avons connectés entre eux afin de déclarer officiellement la guerre ouverte. Petite frayeur pour l’équipe, les systèmes de monitoring ont remonté pas mal de rouge quelque temps après, les équipes découvrant les services et testant les premières attaques (des scans surtout). Le tout s’est stabilisé, et ceux ayant vu l’utilité du pare-feu frontal s’en sont plutôt bien tirés. Une équipe a choisi de laisser ses services inaccessibles ([technopandas]), par pur choix stratégique, mais a fait marche arrière quelques heures plus tard. Le dimensionnement était plutôt bon, vu la stabilité de l’infrastructure durant le CTF. Au final, une seule épreuve n’a pas été exploitée et le CTF remporté (à nouveau) par les russes de HackerDom. SoSix les talonnait de très peu de points, et la lutte finale s’est vraiment faite entre ces deux équipes. Une belle bataille en somme.

Remise des prix

A 6 heures du matin le dimanche, le CTF a été arrêté et les scores figés. Les russes de HackerDom ont validé à quelques minutes de la fin une série de données volées qui leur ont donné l’avantage, laissant à l’équipe SoSix très peu de temps pour compenser. A 7h00, les prix ont été remis aux équipes :

Encore un grand bravo aux équipes, qui ont lutté durement pendant les 9 heures qu’ont duré ce CTF. On espère vous revoir l’année prochaine les gars !

Mot de la fin

Cette Nuit du Hack fut éprouvante. A l’heure où je rédige ce billet, j’ai encore les yeux bien rouges et du sommeil à rattraper. Mais elle fut riche en rencontres (oui, il n’y a que là que j’ai croisé un Ukrainien comprenant le français et trollant sur la sécurité), en rebondissements (côté CTF), et en pur plaisir. Et pour une fois, le wargame et le CTF ont fonctionné sans problème majeur. Et ça, ça fait très plaisir. Et oui, ce petit compte-rendu est très axé sur le CTF, mais eh, je n’ai pas pu suivre les talks ni les workshops.

J’attends avec impatience celle de l’année prochaine, en espérant que l’on arrive à faire aussi bien que l’édition 2013, avec plus de moyens, encore plus de fun et de hacks. J’espère sincèrement que vous avez apprécié cette NDH comme nous avons apprécié l’organiser, et sachez que l’on se démène pour arriver à tenir le niveau.

Pour terminer, je tiens à remercier tout particulièrement les personnes qui nous ont aidé à préparer ce CTF : Corbier, kaiyou, y0no, Benjamin, Bastien, Saiyan, UnclePecos, et Julien. Et désolé si j’en ai fait c*ier certains d’entre vous, le stress toussa ... Et puis encore un grand merci à toute la team OVH, et en particulier Henri : vous roxxez les mamans ours :). Un autre grand merci aux collègues d’HZV, aux anciens des débuts de la NDH (rappelez-vous, le cybercafé, la grange, cela a bien changé), et à tous les ghosts (80 personnes environ) sans qui cela n’aurait pas été possible.